HISTOIRES COURTES : Le pèlerinage des Gardians

Le pèlerinage de la Nation des Gardians, Nacioun Gardiano, a lieu tous les 2 ans lors de la dernière semaine d’Octobre à Lourdes et c’est très certainement la plus belle procession qu’il m’ait été donné de voir au sanctuaire ! Des centaines d’hommes dignes et de femmes resplendissantes, en costumes traditionnels dont la plupart sont d’époque, précèdent le fier cortège des Gardians sur leurs valeureux chevaux de Camargue. Leur passage est une vague de beauté et d’émotion puissante, on ne peut qu’admirer et ressentir la noblesse, l’authenticité et la droiture d’un peuple qui, uni dans la fierté de sa culture, de sa langue et de ses traditions, porte en étendard les valeurs de la Provence.

Aux Gardians – Louis Abric (1886-1953)
I…I
« Quand j’ai vu, fiers jouvents, votre feutre en bataille,
s’incliner protecteur vers le ruban soyeux
des jeunes filles et voisiner vos vestes de velours
avec leurs costumes de reines ;

Lorsque je vous ai vus sourir aux arlésiennes
et couronner leur front du diadème de beauté,
lorsque je vous ai vus nourrir votre fierté,
de la parole mistralienne…

Vaillants, qui grandissez l’âme de notre race
et qui lui présentez l’image d’un drapeau,
sur la dernière fleur, sur le dernier lambeau
de la patrie qui s’émiette…

J’ai pensé, chaque fois, qu’avec les taureaux sauvages,
et la « sansouire » vierge et les longs « segonneaux »,
c’était toute la lumière du pays provençal
que vous défendiez à boulets rouges.
I…I
C’est beau de pouvoir dire, en proclament sa foi
devant les renégats, les pillards et les gueux :
« j’ai brandi mon trident au soleil provençal
pour la patrie de mes ancêtres !… »

Et c’est pourquoi je vous admire et je vous aime,
Gardians qui prodiguez d’idéales clartés
sur le bel estrambord de nos rêves ailés
auréolés de vos sourires !

Dans un monde oublieux de toute poésie
qui ne croit plus au Rêve et se rit de l’Amour,
vous faîtes resplendir, sous votre fanion,
un idéal qui réconforte et vivifie !.. »

I Gardian – Louis Abric (1886-1953)
I…I
« Quand ai vist, cadelas, voste futre en bataio
se clina – prouteitour – vers lou riban sedous
di chato e trelusi soun coustume ufanous
subre la pèu de vòsti braio !

Quand vous ai vist sourrire i chatouno arlatenco
e guierdouna soun front dòu riban de bèuta…
Quand vous ai vist, gardian, nourri vaostio fierta
de la paraulo mistralenco.

O Mascle ! qu’enauras l’amo de nosto raço
e que d’un auriflour i ‘aubouras lou simbèu,
sus la darriero flour, sus lou darrié moucèu
de la Patrìo que s’estrasso !

Ai pensa quatecant, qu’emé li brau ferouge
e la sansouiro vierjo e li long segounau,
èro touto la lus dóu païs miejournau
qu’aparavias à boulet rouge !
I…I
Es bèu de pourre dire, en afiermant si crèire
davans lis arlandié, lis gus e li catau :
« Ai auboura moun ferre au soulèu prouvencau
pèr la patrìo de mi rèire !… »

E vaqui perdequé vous ame e vous amire,
o Gardian, que trasès de raisso de belu
sus l’estrambord sacra de nosti raive alu
que floucas de vósti sourrire !…

Dins un mounde que ris de touto pouësio
e noun crèi plus au Raive e sagato l’Amour,
fasès belugueja, souto voste auriflour,
un ideau qu’escarrabiho !… »

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